Le Ngoze

Ensemble des trois nuits qui forment la cérémonie de base.

"el trabajo" (en guinée Equatoriale)

 

 


Le Ngoze dure trois nuits consécutives,
Efun, le commencement -la naissance- ;
Nkeng, le noyau -la mort-;
Meyaya, la renaissance.

Dans certaines chapelles, la première nuit est dédoublée en Efun Bègn, le mercredi soir, où l'on organise le ngoze et où seul l'arc musical (Bè ou Bègn, l'instrument d'avant la création) joue. Le jeudi, il y a alors Efun Ngoma, où la cithare (Ngoma) joue seule.

Le rituel se reproduit chaque nuit avec assez peu de changements, liés à la spécificité de chaque nuit.


Il est assez surprenant de noter qu'une religion "initiatique", basée sur la prise, lors de l'initiation, d'une drogue hallucinogène qui entraîne la "possession" et le voyage dans l'au-delà, soit aussi formaliste et él&egravel;ve le respect méticuleux du rituel au niveau de l'obsession.


La plupart des rituels dérivent directement du Bwiti des Mitsogho (ngoze est un terme mitsogho) avec, suivant les chapelles des emprunts plus où moins importants à la religion chrétienne. C'est un des autres aspects du Bwiti fang que son syncrétisme qui fait apparaître à certains (voir) le bwiti comme un simple avatar indigène du christianisme, ce qui est évidemment totalement faux. Les rituels chrétiens recouvrent ici une réalité qui n'a rien à voir avec le christianisme.

Avec l'influence du christianisme s'est développée la symbolique du chiffre 3, que l'on trouvait déjà dans les 3 dieux de l'oeuf originel et que l'on retrouve en permanence : 3 nuits dans le culte, 3 Nganga, 3 Yombo.....

Les cultes bwitistes ne sont pas unifiés et les rituels, de même que l'interprétation de certains mythes, varient avec chaque chapelle, plus ou moins "réformée" par un prophète et influencée par le christianisme. Le bwiti touche plus de la moitié des Fang du Gabon et de Guinée Equatoriale et se développe au Cameroun dans les populations Pahouines proches des Fang.
Malgré ces variantes, il existe quelques grandes branches, et les fondements de la religion restent stables (on peut comparer le bwiti au christianisme avec ses grandes branches, catholique, orthodoxe, protestante, et les multiples églises évangéliques).


A. Marie, dans "la naissance à l'envers" a décrit intégralement les rituels des 3 nuits du Ngoze de la chapelle Assumgha Ening (une des plus importantes)

"Dans le Bwiti, la rencontre avec les esprits et la réussite de la cérémonie dépendent avant tout de la perfection atteinte dans l'exécution des rites sur le plan de la chorégraphie et de l'horaire à respecter, le moindre détail négligé suffit à en compromettre l'efficacité. La ritualisation de l'espace et du temps est poussée à l'extrême."

A. Marie. p 91

cf S. Freud "actes obsédants et exercices religieux", in l'avenir d'une illusion. PUF , 1971, p 81.

et n'oublions pas que le Kambo est là pour faire respecter la loi...

la description d�taill�e de chaque nuit :

Efun, le commencement -la naissance- ;
Nkeng, le noyau -la mort-;
Meyaya, la renaissance.

 

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