Avant propos �crit par Nicolas Sestier pour
le premier site "Meyaya" en 1995.
Eboga
- l'ancienneté et la pérennité des Cultes d'Eboga,
- la prise initiatique de la Tabernanthe Iboga de la part de personnes de tous âges et des deux sexes,
- ainsi que l'élaboration transgénérationnelle d'une méthode (de dosage, par exemple) exercée par des praticiens expérimentés
garantissent le maximum de sécurité pour la prise d'Eboga pour quelque intention que ce soit.
Sauf à considérer que ce qui est bon pour les noirs ne l'est pas pour le reste de l'humanité.........
Depuis des années, nous, européens et africains ayant fait le voyage d'Eboga, étions arrivés à la conclusion que le culte Bwiti, quel qu'il
soit - mitsogho ou fang, syncrétique ou non - était le soin de l'esprit perpétuellement réadapté aux nouveaux imaginaires mythologiques
nés de la mixité des cultures (pacifique ou conquistadoresque). Et qu'en Europe, nous avions perdu ce type de savoir, au grand dam de
la planète, quelque part pendant l'Inquisition chrétienne intégriste (chez les cathares peut-être?).
C'est dans cet esprit que nous avons entamé depuis 1995 une réflexion avec des Bwitistes camerounais, pour mettre au point une
méthode efficace d'accès au voyage d'Eboga pour une plus large population, et amorcé une concertation avec des intellectuels et
artistes camerounais comme garde-fou ethnocentriste!
D�sormais, nous travaillons en collaboration avec une chapelle bwitiste camerounaise. Nous sommes tombés d'accord sur le fait qu'il
faut s'inspirer des pratiques initiatiques du bwiti pour imaginer une forme de soins d'Eboga pour une plus large population, et qui ne soit
pas l'Initiation à proprement parler.
commerce de substances addictives et traitement de l'addiction
Le développement mondial du commerce illégal de substances addictives n'a cessé de croître depuis la moitié des années cinquante pour
aujourd'hui, concerner la totalité de la planète; alors que les recherches sérieuses sur le traitement de l'addiction furent interrompues,
depuis la moitié des années soixante au début des années quatre vingt dix. Trente cinq ans de tranquillité pour la prospérité d'un négoce
phare du commerce international (armes-pétrole-drogues).
Après avoir conquis toutes les couches sociales de la société occidentale, et ce dans tous les pays économiquement développés, le
marché, dont les cours sont en baisse, trouve de nouveaux débouchés dans les pays pauvres, où la consommation de "drogues" connaît
un accroissement fulgurant connexe au développement des mégalopoles. Ces pays du tiers-monde, qui ont déjà été ravagés par l'alcool,
se voient maintenant proposer un accès aux drogues dures (principalement dérivées d'opium ou de coca) pour des sommes dérisoires.
On trouve depuis quelques années dans la zone Gabon-Cameroun, de l'héroïne de mauvaise qualité provenant du Nigeria, vendue en
ville entre quatre et six francs la dose.
Or, la société occidentale offre en guise de cure aux paradis artificiels illégaux, une addiction de substitution légale, chimique ou sectaire.
Finalement peut-être, par ignorance.
Car il a toujours existé des traitements neurochimiques de l'individu, à l'instar des religions d'Eboga (iboga) en Afrique Centrale ou du
culte moderne brésilien de l'Ayahuasca, "la Ugna de Vegetal", mais qui ne revêtaient pas la forme à laquelle on aurait pu s'attendre, car
procédant du hors-champ culturel Judéo-chrétien...
Alors qu'il n'existe aucun traitement réel de l'addiction dans le monde occidental, frappé d'immobilisme face au développement des
laboratoires de fabrication de drogues de synthèse, nous avions un moyen, dans cette partie de Afrique, de mettre au point un traitement
efficace de l'addiction en collaboration avec les tradipraticiens Bwiti.
"antiwichcraft cult":
la Tabernanthe Iboga, plante de la forêt dense équatoriale, était connue des nomades Pygmées depuis la nuit des temps. Ils la donnèrent
aux Mitsogho qui élaborèrent le culte Bwiti, et qui donnèrent l'Eboga au peuple Fang descendu des zone semi arides du nord. Les Fang,
massivement christianisés, imaginèrent diverses formes de Bwiti Syncrétique, qui se répandirent dans les nombreux chantiers forestiers de
la région, regroupant des ouvriers de diverses ethnies et de divers pays... qui ramenèrent chez eux la connaissance de la plante et du
culte.
Quand on connaît les effets neurochimiques de l'iboga�ne, et qu'on sait que les désordres psychosociologiques s'expriment
traditionnellement en Afrique sous forme d'envoûtement ou de possession, on comprend alors que les religions d'Eboga ait naturellement
été des cultes antisorcellerie (antiwhitchcraft cult), en perpétuelle réadaptation mythologique (syncrétisme).
Nous avons la chance d'être en contact avec un soin de l'esprit millénaire.
Renouer le lien
plus qu'une cure de détox, qu'un soin spirituel et psychologique, il s'agit ici de renouer avec l'antique sagesse qui nous a tant fait défaut...
la démarche même d'humilité envers ceux dont on a fait des esclaves, et les Bwiti diabolisés et persécutés, à qui maintenant nous
demandons de l'aide, est un saut qualitatif de la conscience.
Qu'ils nous accordent leur aide et nous appellent leurs enfants, nous éclaire déjà sur ce que nous avons à apprendre. |